Par Eric Lecluyse, publié le 03/07/2009 16:10
AFP
Claude Allègre, en 2002.
Mais à sa façon: l'ancien ministre socialiste va créer une "Fondation pour l'écologie productive". Pas sûr que l'initiative séduise les écologistes... Et vous, qu'en pensez-vous?
Il n'a pas été nommé au gouvernement malgré son insistance, mais Claude Allègre continue de s'activer. Le Parisien annonce sur son site qu'il s'apprête à lancer, en septembre, sa Fondation pour l'écologie productive. L'ancien ministre socialiste, géochimiste de renommée internationale, bénéficierait du soutien de plusieurs grandes entreprises. Cette structure aura pour objectif "la promotion d'actions qui résolvent les problèmes écologiques de la planète tout en créant de la richesse et des emplois". A 72 ans, Claude Allègre se dit convaincu de "la capacité de l'homme à résoudre les défis" et fustige une écologie qui ferait "obstacle" à la science.
Cet intérêt pour l'écologie peut surprendre: l'homme qui voulait "dégraisser le mammouth" lorsqu'il était ministre de l'Education nationale de Lionel Jospin (1997-2000) s'est attiré les foudres des défenseurs de l'environnement pour avoir mis en doute la responsabilité humaine dans le changement climatique. Même au sein du gouvernement Fillon, où son nom est cité depuis longtemps, rares sont ceux qui soutenaient son arrivée. Lorsqu'elle était secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Kosciusko-Morizet, par exemple, a eu l'occasion de s'opposer à ses théories (lire notre article L'impossible M. Allègre).
Nul doute que l'initiative "écolo" de Claude Allègre irritera les écologistes (qui, récemment, furent nombreux à s'opposer à son éventuelle arrivée au gouvernement, Nicolas Hulot en tête), mais aussi de scientifiques auxquels l'ancien ministre s'est souvent heurté. La polémique entre les climatologues et certains géophysiciens, parmi lesquels Claude Allègre, est ancienne. Elle s'est envenimée à la suite de la publication, en 2007, d'un article "remettant sur le tapis une vieille lune déjà soldée par les climatologues: et si les cycles du Soleil, en influant sur le géomagnétisme terrestre, étaient responsables du réchauffement climatique", signé Vincent Courtillot, géophysicien renommé, directeur de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et proche de Claude Allègre (extrait de notre article de mai 2008: "Les esprits s'échauffent sur le climat").
Un article ensuite invalidé par Edouard Bard, professeur au Collège de France, qui pointera de nombreuses erreurs de Vincent Courtillot, bientôt suspecté de fraude. Malgré les solides arguments des climatologues, Claude Allègre continuera de soutenir coûte que coûte Vincent Courtillot et de défendre ses théories climatiques niant les causes humaines du réchauffement climatique, notamment dans les colonnes du Point. Qu'ils regrettent "l'absence de rigueur et la présentation tronquée de données" de Claude Allègre (Jean Jouzel) ou qu'ils réclament "un peu de sérieux" (Hervé Le Treut), les climatologues ont pour la plupart décidé de passer à autre chose...
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