Le gouvernement fait machine arrière sur le fichier Edvige

Publié le par Balmoral

Le Premier ministre a demandé à sa ministre de l'Intérieur de revoir en profondeur le fichier de renseignements sur les personnes "sensibles Edvige", très controversé.

Cela ressemble fort à une défaite sous la pression de l'opinion publique. Le Premier ministre François Fillon a annoncé ce jeudi qu'il demandait à la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie de revoir totalement le décret du 27 juin 2008 instituant le fameux fichier Edvige, dénoncé depuis plusieurs jours au nom des risques d'atteintes aux libertés et au respect des individus.

Matignon réclame notamment que soient écartés les points les plus sensibles comme les références aux préférences sexuelles, aux problèmes de santé - même à titre exceptionnel, notion que la jurisprudence aurait du établir - ou les informations sur les personnalités exerçant un mandat ou jouant un "rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif".

Dans le cas de fichage des mineurs "susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique", ces informations disparaîtront à leur majorité "sauf si un élément nouveau est intervenu" au nom du "droit à l'oubli".

La collecte d'informations pour ce fichier Edvige ne concerna donc que les personnes "dont l'activité individuelle ou collective" peut "porter atteinte à la sécurité publique" et celles "entretenant ou ayant entretenu des relations non fortuites avec elles" ainsi que "les personnes travaillant dans des secteurs ou des domaines sensibles", objet du coup d'enquêtes administratives.

François Fillon a demandé à sa ministre de saisir dès vendredi la Cnil, la Commission nationale de l'informatique et des libertés, sur ce nouveau décret. Michèle Alliot-Marie a également fait le point sur ce dossier aujourd'hui devant les députés de la commission des Lois, qui avaient appelé mercredi soir une modification profonde du fichier. Elle a indiqué qu'un "répertoire administratif des personnalités pourra être tenu dans les préfectures" contenant des informations limitées.

Cette intervention arbitrale de Matignon vient mettre fin à une importante polémique qui a même traversé le gouvernement - avec des échanges aigres-doux entre le ministre de la Défense, Hervé Morin, réservé face à ce projet, et la ministre de l'Intérieur -, obligé le Chef de l'Etat à se prononcer en réclamant une révision du fichier, nourri les critiques de la gauche et connu une levée de bouclier du monde associatif dont la pétition aurait recueilli quelque 200.000 signatures.

latribune.fr

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