De l'info rigolote

Publié le par Balmoral

  • «Fusion Man» réussit son pari
    Thierry Vigoureux
    26/09/2008 | Mise à jour : 23:12 |
    Commentaires 46
    .
    Les 32 km de la traversée effectués, les moteurs éteints, Yves Rossy a ouvert son parachute pour atterrir dans un champ, près de Douvres (Grande-Bretagne).
    Les 32 km de la traversée effectués, les moteurs éteints, Yves Rossy a ouvert son parachute pour atterrir dans un champ, près de Douvres (Grande-Bretagne). Crédits photo : AP

    Le Suisse Yves Rossy, surnommmé «Fusion Man», portait sur son dos une aile équipée de quatre réacteurs.

     


    En une dizaine de minutes de vol au-dessus de la Manche, Yves Rossy vient de réussir aujourd'hui le rêve d'Icare sur les traces de Blériot. Ce Suisse de 49 ans a traversé le Pas-de-Calais portant sur son dos une aile en carbone équipée de quatre mini-réacteurs.

    L'opération s'est déroulée de la manière suivante : celui qui se fait surnommer «Fusion Man» a pris place à Calais à bord d'un monomoteur Pilatus, un avion généralement utilisé pour le largage de parachutistes. L'appareil est monté à 2 300 mètres à la verticale de la ville française. Une zone interdite avait été définie pour éviter que d'autres aéronefs ne viennent perturber la trajectoire de cet engin volant.

    Yves Rossy a alors sauté de l'avion. Simultanément, il a déployé l'aile en carbone de 2,50 mètres d'envergure qu'il porte sur son dos et allumé les quatre réacteurs alimentés au kérosène. L'ensemble, avec le carburant (30 litres), pèse 55 kg. Le pilote s'est dirigé en inclinant l'aile à gauche ou à droite, cap sur l'Angleterre. La vitesse atteinte est de l'ordre de 200 km/h mais peut aller jusqu'à 300 et l'altitude est restée entre 800 et 1 000 mètres.

    Les 32 km de la traversée effectués, les moteurs éteints, Yves Rossy a ouvert son parachute pour atterrir dans un champ à 14h19.

    Avec son aile volante, il ne sait pas (encore) atterrir. Blériot, il y a 99 ans, maitrisait à peine sa machine et Yves Rossy, selon de nombreux spécialistes, se trouve aussi à l'aube d'une nouvelle aventure technologique. On peut déjà entrevoir les perfectionnements à apporter à son aile volante. Aujourd'hui, il doit partir d'un avion porteur. Le décollage exige des moteurs très puissants, ce qui n'est pas le cas de ceux qu'il utilise actuellement. Ce sont d'ailleurs plus des fusées que des réacteurs car, une fois allumés, leur poussée ne peut être réglée. De même, il sera nécessaire de gérer l'atterrissage autrement qu'avec un parachute. C'est d'ailleurs ce dernier qui a provoqué le report du défi prévu jeudi. Le vent s'était levé, ce qui est incompatible avec le parachute qui risque de dériver et de trainer l'homme au sol.

    Yves Rossy, malgré son surnom, est tout sauf un fou volant. Il débuta sa carrière de pilote dans l'armée suisse aux commandes d'un Mirage III sur lequel il totalise 1 000 heures de vol. Il est maintenant pilote d'Airbus chez Swiss, la compagnie nationale. Amateur de sensations fortes, il a plus de 1.000 sauts en parachute, skysurf et autres prototypes, à son actif. Il vole avec son aile depuis 2004 mais avait été interdit par les autorités françaises l'an dernier à la coupe Icare à St Hilaire du Touvet-Lumbin dans le Vercors.

    Sur le plan politique, cet exploit peut provoquer des réactions outre-Manche. La traversée de Blériot en juillet 1909 avait surpris les Anglais et entrainé la création du droit aérien interdisant le survol sans autorisation, créant les droits de trafic, etc. Savoir qu'un homme peut arriver en Angleterre sans prendre le train, le bateau ou l'avion, amènera à se poser des questions…

    .
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article