| | | Une brillante jeunesse | | | Prosper Mérimée est né le 23 septembre 1803 dans une famille d'artistes bourgeois installée près du Panthéon. Il n'est pas baptisé, et restera fidèle, sa vie durant, aux convictions athées de ses parents. Son père, Léonor Mérimée est professeur de dessin à l'École polytechnique, et sera plus tard secrétaire perpétuel de l'École des Beaux-Arts. Sa mère, Anne Moreau est portraitiste, et enseigne, elle aussi, le dessin. | | | Le couple a un solide bagage intellectuel et artistique datant du XVIIIe siècle, mais ne s'engage guère dans les courants culturels naissants. De l'éducation parentale, Mérimée retiendra, sur les plans esthétique et affectif, l'horreur de l'emphase. C'est de sa mère qu'il tient la devise "Souviens-toi de te défier". | | | La famille n'est pas aisée mais mène une vie intéressante et calme. On reçoit de nombreux artistes, français et anglais. À quinze ans, Prosper maîtrise l'anglais qu'il pratique avec les élèves de sa mère venues d'outre-Manche ; parmi elles, les sœurs Lagden, Fanny et Emma, qui tiendront sa maison pendant les dernières années de sa vie. | | | | Ses études au Lycée Napoléon (qui deviendra le Lycée Henri IV) le mettent en contact avec les fils de l'élite parisienne ; entre eux, Adrien de Jussieu, Charles Lenormant et Jean-Jacques Ampère avec qui il traduit Ossian. En 1819, il s'inscrit à la faculté de droit, marchant ainsi dans les pas de son grand-père François Mérimée, éminent avocat du Parlement de Rouen et intendant du maréchal de Broglie. Il obtient sa licence en 1823. La même année, il est exempté du service militaire, pour faiblesse de constitution. Néanmoins, il sera incorporé en 1830 à la Garde nationale. | | | Jusqu'à son entrée dans la fonction publique en 1831, Mérimée n'exerce aucun métier hormis celui d'écrivain. En 1825, le Théâtre de Clara Gazul, son premier livre, marque ses débuts brillants. En 1827 paraît La Guzla ou choix de poésies illyriques, prétendues productions populaires inventées par lui, mais qui passeront pour authentiques auprès des poètes et des savants. 1828 : La Jacquerie, scènes féodales, et La Famille Carvajal, drame. 1829 : Chronique du temps de Charles IX, roman historique, important succès de librairie. La même année, il publie Mateo Falcone, sa première nouvelle. C'est dans le cadre de ce genre qu'il écrira ses chefs-d'œuvre. | |