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Publié le par Balmoral

Hommage - Les adieux sobres et pudiques à Guillaume Depardieu

L’acteur disparu à 37 ans d’une pneumonie foudroyante a été incinéré après une cérémonie religieuse émouvante.

Vendredi, 8 heures du matin, il fait beau sur la commune de Bougival, dans les Yvelines. Un soleil d’hiver accompagne les dizaines, puis les centaines de personnes qui se sont regroupées au pied de l’église Notre-Dame pour rendre un dernier hommage à Guillaume Depardieu. Entre la boutique d’antiquités et l’atelier de couture, il n’y a pas assez de place pour tous. Dans les étages, derrière les carreaux, quelques têtes apparaissent. Partout les mêmes expressions, la mine grave, certains ont les yeux rouges. L’ambiance silencieuse est au recueillement, seuls les accords du deuxième concerto pour piano de Rachmaninov viennent accompagner ce moment paisible.

Le fils rebelle habitait une maison un peu plus loin, sur les hauteurs. « Ici, tout le monde le connaissait. Vous savez, c’est petit, Bougival », dit Vincent. L’homme, à la carrure massive et à la mâchoire imposante, voyait Guillaume souvent. « Il traînait quelquefois près de la fontaine ou allait jouer au billard dans le café à côté. » Loin des curieux, il était tranquille ici et c’est toute une ville qui est venue lui dire adieu.

« On se demandait s’il rentrerait le soir »

Des larmes perlent sur les joues rougies par le froid de Paula. « Je suis venue parce que… » chuchote-t-elle, des sanglots dans la voix. La phrase reste en suspens. La jeune femme, adossée au muret en contrebas de l’édifice religieux, remet ses lunettes, visiblement éprouvée. Béatrice, grande quinquagénaire, connaissait l’acteur depuis plus de vingt-cinq ans. Lorsqu’on lui demande comment il était enfant, elle répond après un moment de réflexion : « Déjà blessé. »

L’arrivée des nombreuses célébrités à la cérémonie n’a suscité de l’agitation que chez les photographes et les cameramen. Si certaines vedettes ne sont venues que pour se montrer, d’autres, au contraire, éprouvent une peine immense. Claude Berri est hagard, les yeux dans le vide, et Valéria Bruni-Tedeschi ne cache pas ses larmes, tandis que Jean-Pierre Castaldi s’emmitoufle dans une grande et épaisse écharpe noire.

Sur l’écran de l’écran géant retransmettant la cérémonie à l’extérieur, les proches se remémorent le fils, le frère, l’ami disparu. Elisabeth, sa mère, prend la parole en premier. Elle évoque « l’enfant, puis l’homme, dont on se demandait tout le temps s’il rentrerait le soir ». Gérard, longtemps absent de la foule, récite quelques lignes du Petit Prince de Saint-Exupéry : « Il me dit : “tu es là”, il me prit la main, mais il se tourmenta encore. » Juliette enfin parle de l’amputation de son frère en 2003 et souffle ces mots : « Sa fille Louise dit qu’il avait tellement mal qu’il est mieux là-haut. »

Vers midi, le cercueil noir recouvert de roses rouges fait son apparition sous les applaudissements. Guillaume Depardieu a ensuite été incinéré dans l’intimité.

 


Réactions du monde du cinéma au décès de Guillaume Depardieu

 

Alain Corneau, qui avait dirigé Guillaume Depardieu dans Tous les matins du monde, s’est dit « bouleversé », parlant de la disparition d’un « petit frère ».

Jeanne Moreau « ne peut pas s’empêcher de penser à la famille, Guillaume était en train de s’épanouir. Je n’ai jamais vu une personne aussi intuitive, aussi créative sur un plateau. Il était indomptable, mais c’était un être merveilleux ».

Le producteur et réalisateur Claude Berri a évoqué un événement « affreux ». « C’est quelqu’un que j’ai beaucoup aimé. »

Pour le réalisateur Pierre Salvadori, avec qui Guillaume Depardieu avait tourné quatre films, dont Les Apprentis qui lui avaient valu le César du meilleur espoir masculin en 1996, l’acteur avait « un point de vue extrêmement déroutant et original, donc poétique ».

La cinéaste Josée Dayan s’est dite « absolument laminée » par la mort de « l’acteur le plus doué de sa génération. « C’était un ami, je l’aimais infiniment. C’était un type formidable, un immense acteur. Je l’ai eu au téléphone il y a peu, on parlait de projets, de films à faire, il préparait un album. »

Jean Rochefort, qui avait tourné Cible émouvante avec Guillaume Depardieu, a déploré la disparition d’un « acteur formidable et d’un homme avide de la vie ».

Vincent Perez a mis en lumière « la magnificence qui était en lui. (…) C’était un immense poète qui a écrit des choses absolument incroyables, et un véritable artiste. »

 

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Publié dans revue de presse

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