Dans L'Est Républicain.......à Annaba ( Algérie )
Ecrits d’autrui …
On ne remerciera jamais assez tous ces écrivains et romanciers à qui l’on doit presque tout… Ils nous ont appris à voir, à comprendre le monde. A le voir autrement, à le comprendre différemment. Par des verbes éloquents, les mots expriment, les phrases décrivent, les paragraphes rapportent des récits et les pages, lues et relues, déroulent les épisodes d’une vie, d’une saga, d’une histoire… Il y a aussi les poètes, ceux qui par leur lyrisme assoiffé de beauté mettent en relief des rêves inavoués, des amours contrariés ou des libertés inassouvies. Tous ont la grâce et la finesse, tous ont l’ingéniosité et l’imagination auxquelles ne peuvent prétendre certains écrivaillons entrés récemment (par effraction ?) dans le monde de l’édition… De Belaïd Abdeslem à Chadli (son livre sort en novembre) en passant par d’obscures plumes n’ayant cessé de surfer sur les vagues de la détresse d’autrui (terrorisme, affairisme ou phénomène des harraga) que comptent nous apporter leurs écrits ? Libre à chacun de courir à la première librairie du coin pour s’acheter l’un ou l’autre de ces pseudo ouvrages, n’étant à la littérature que l’affront d’une graine à son géniteur, mais il est des Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Tahar Djaout ou Mouloud Mammeri qu’on ne remerciera jamais assez ? Ils n’aimaient pas la gloire mais c’est elle qui fleurit à l’ombre des cimetières qui veille sur leurs mémoires… Une ombre qui attend certainement les Mohamed Dib, Yasmina Khadra, Assia Djebar ou Rachid Boudjedra mais cette ombre-là ne vaudra aucunement pour des papys reconvertis à l’écrit non pas par souci d’honnêteté intellectuelle (depuis le temps, ça se saurait …) mais par une seule et unique envie : celle de s’attirer les sun lights des médias et de la polémique socio-politique. Heureusement que le commun des lecteurs, des décrypteurs, sait aujourd’hui faire la part des choses. Il sait que derrière certaines maisons d’édition se cachent certaines bassesses n’ayant eu de cesse de faire passer des vessies pour des lanternes. A dessein, romans de gare se disputent les étals afin que véritables mémoires n’aient le temps de s’exprimer. N’ayant souvent pas les moyens de se payer les services d’un « nègre », ces véritables mémoires sont éclipsées quand des fortunes mal acquises se payent les services de toutes les étapes menant au produit fini … Est-ce ainsi que l’on compte réhabiliter la noblesse de l’écrit ? Assurément pas en puisant dans les caniveaux et les ruisseaux nous ayant valu mille et unes désillusions dans un passé encore récent pour qui ressent le besoin du changement. Que des Belaïd, Chadli et autres ouistitis écrivent, nous ne sommes pas contre, mais qu’ils écrivent à ceux qui pourront un jour leur dire « merci »… Nous, nous n’en sommes pas là, la preuve : Même sous un soleil éclatant, ce pays nous paraît obscur.