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Publié le par Balmoral

BAGDAD - Derrière des barbelés et après des fouilles sévères, les électeurs irakiens votent pour un scrutin local dans 14 des 18 provinces d'Irak, le premier dans le pays depuis 2005, qui constitue un test crucial pour les autorités irakiennes après la décrue des violences enregistrée l'année dernière.

Burean de vote à Bassorah. Derrière des barbelés et après des fouilles sévères, les électeurs irakiens ont commencé à voter pour un scrutin local dans 14 des 18 provinces d'Irak, le premier dans le pays depuis 2005, qui constitue un test crucial pour les autorités irakiennes. (Reuters/Atef Hassan)

Burean de vote à Bassorah. Derrière des barbelés et après des fouilles sévères, les électeurs irakiens ont commencé à voter pour un scrutin local dans 14 des 18 provinces d'Irak, le premier dans le pays depuis 2005, qui constitue un test crucial pour les autorités irakiennes. (Reuters/Atef Hassan)

A la mi-journée, peu d'incidents étaient à signaler à l'occasion de ces élections provinciales considérées comme un test pour les autorités irakiennes, dont l'aptitude à maintenir une paix relative lors du vote va être observée, en l'absence d'un contrôle direct des troupes américaines qui s'apprêtent à se retirer progressivement, près de six ans après l'invasion de mars 2003.

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 07h00 locales (04h00 GMT) et fermeront à 17h00 (14h00 GMT).

Des milliers de policiers et soldats irakiens gardent les bureaux de vote. Les électeurs sont fouillés pour repérer toute ceinture d'explosifs. Les autos ont été interdites des villes afin d'éviter les attentats à la voiture piégée, mais devant le calme relatif, ces mesures ont été levées.

Deux civils ont été blessés dans une fusillade avec des militaires dans le quartier de Sadr City à Bagdad. Trois tirs d'obus ont été signalés dans la matinée près de bureaux de vote à Tikrit, la ville natale de l'ancien dictateur Saddam Hussein, a affirmé la police locale.

Personne n'a été blessé dans ces attaques qui ont seulement enflammé un véhicule. Aucun obus n'a atterri à moins de 200 mètres d'un bureau de vote, a-t-on appris de source policière.

Le général Abdoul Karim Khalif, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a jugé irréaliste de s'attendre à une journée sans aucune violence.

"Nous pensons qu'il pourrait y avoir une, deux ou trois attaques. Nous nous y attendons. Mais le pays est une toute nouvelle démocratie", a-t-il fait remarquer.

Après les élections de la fin 2005, les Irakiens avaient vu leur pays s'enfoncer un peu plus dans le chaos et dériver jusqu'au bord de la guerre civile et religieuse mais la sécurité s'est améliorée depuis.

LES LÉGISLATIVES EN TÊTE

Plus de 400 partis ou mouvements sont en lice, et 14.431 candidats se disputent les 440 sièges de conseillers provinciaux en jeu. Illustration de la vitalité démocratique du pays, les affiches de campagne se sont multipliées sur les murs du pays.

"Une simple élection ne fait pas la démocratie; une série d'élections, si", a assuré l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, dont le pays compte encore 140.000 soldats en Irak.

Le scrutin de ce samedi ouvre en effet un nouveau cycle électoral qui culminera à la fin de l'année par des élections législatives.

Pour de nombreux Irakiens, le simple fait que les élections provinciales puissent avoir lieu est un motif de soulagement : il y a dix-huit mois, au pire des violences, la perspective de revoter semblait bien éloignée.

"Mes souffrances m'ont poussé à voter", explique Asad Wahayab, qui tient un bureau de vote dans la ville de Bassorah. "Nous avons beaucoup souffert et voilà notre chance de voter pour le changement."

Un jeune Irakien de l'ethnie Yazidi, Jamil Kirtohamo, 19 ans, s'apprête à voter sous la protection des tireurs d'élite placés sur le toit d'une école. "C'est la première fois que je vote et je suis très excité. J'espère que celui qui gagnera goudronnera la route", dit-il sur le bord d'un chemin de terre qui traverse sa ville dans le désert à la frontière syrienne.

Mais du fait des enjeux élevés de ce scrutin, certains pourraient être tentés de régler par les armes des contentieux politiques.

Cinq candidats ont été abattus, dont trois durant la seule journée de jeudi. Le numéro deux d'un parti sunnite a été tué par un attentat suicide et un bureau de vote a été incendié cette semaine dans la province d'Anbar, au coeur du pays sunnite.

Les partis de la majorité chiite, qui s'étaient présentés en coalition aux précédentes élections, mènent cette année campagne sous leurs propres couleurs.

Le petit parti Daoua du Premier ministre chiite Nouri al Maliki entend tirer des bénéfices électoraux de l'amélioration générale de la sécurité en Irak et contester l'ancrage du Conseil suprême islamique en Irak (CSII), qui contrôle pour l'heure la plupart des provinces du Sud.

"Nous avons réduit au silence les hurlements du sectarisme qui voulait déchirer notre pays", déclarait Maliki la semaine dernière en campagne à Nadjaf, ville sainte du chiisme.

Le CSII devrait résister, mais l'objectif du Premier ministre est de se doter d'une base électorale indépendante pour améliorer ses chances d'être reconduit dans ses fonctions après les législatives.

Dans les provinces sunnites (ouest et centre de l'Irak), les groupes tribaux connus sous le nom de "Conseils de l'éveil" participent pour la première fois à une élection. Leur engagement contre l'insurrection sunnite aux côtés des forces américaines a joué un rôle de premier plan dans le recul des violences.

Dans la province de Ninive, autour de Mossoul (Nord), le boycottage sunnite d'il y a trois ans a confié les rênes de l'exécutif local aux Kurdes, qui ne représentent qu'un quart de la population. Certains diplomates y voient une des raisons pour lesquelles le secteur de Mossoul reste l'un des plus troublés du pays. En ramenant les sunnites dans le jeu politique, le scrutin pourrait rééquilibrer la donne.

Version française Henri-Pierre André, Eric Faye et Clément Guillou

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Publié dans revue de presse

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