Dans la presse malgache
Les femmes et enfants des gendarmes, militaires et agents de police, sont appelés par les partisans du mouvement de la Place 13 mai à étoffer les rangs des manifestants. Elles ouvriront avec Andry Rajoelina, la marche de ce jour 19 février pour la prise des ministères.
Après trois tentatives infructueuses, les stratèges du mouvement qui se veut démocratique et se réclame de la révolution orange, n’ont trouvé que la méthode des terroristes et des dictateurs pour accroître la pression. Ces femmes porteront des foulards pour cacher leur visage et seront en première ligne.
En définitive, la cause démocratique pour la liberté n’aura été que l’appât pour attirer la sympathie de l’opinion. La fermeture de VIVA TV n’aura finalement été que provoquée pour servir d’alibi à une démarche toute tracée d’avance et qui, au fur et à mesure des événements, actions et réactions, n’est autre que le renversement du régime par tous les moyens.
Des observateurs attirent depuis quelques jours l’attention sur les changements de régime qui se sont produits dans le pays. Ils sont presque toujours survenus après un bain de sang : 1972, 1991, 2002. C’est la seule méthode d’alternance qui a été infaillible pour les politiciens qui ont accédé au pouvoir ; elle a maintenu le pays dans la mendicité et la pauvreté, tant matérielle qu’intellectuelle.
L’exception est le départ du président Zafy Albert. Cette alternance, selon certains historiens et observateurs, est survenue après la cession du domaine de Mantasoa à Peace Corps alors que ce domaine était la propriété de Jean Laborde. Ce qui, d’après leurs analyses, a provoqué l’incendie du Rova de Manjakamiadana le 6 novembre 1995, pour aboutir à l’empêchement du Pr. Zafy Albert. Les auteurs et commanditaires de cette catastrophe sont impunis à ce jour.
Aujourd’hui, les mêmes stratégies sont constatées. La question foncière a été l’un des premiers chevaux de bataille après la liberté démocratique, de presse et de réunion. Tous les arguments sont utilisés pour provoquer un soulèvement populaire mais rien n’y fit. La population a vécu toutes les barbaries - incendies du patrimoine culturel de la radio et de la télévision nationale, pillages des magasins et ce carnage du 7 février. En dépit de cette tuerie, le soulèvement populaire attendu ne s’est pas produit.
Faudrait-il, cette fois, davantage de sang pour arriver à abattre le régime ? Sinon, après le massacre du 7 février et la fermeté manifestée par les hommes en armes depuis trois jours, que signifie cette exposition de femmes et enfants des soldats au devant de la scène face aux forces de l’ordre ?
Cette méthode de bouclier humain a été utilisée par Saddam Hussein face aux forces occidentales. Pire, la méthode est des plus machiavéliques. La guerre tribale étant difficile à déclencher, la tentation d’une guerre civile est dans les airs. Des groupuscules cèdent à des attaques acharnées contre tel ou tel camp, contre des personnes et des institutions et font des accusations publiques suivies de menaces. Ils osent imaginer pour ne pas dire provoquer, le « ady an-trano » au sens premier du terme c’est-à-dire la guerre dans le foyer, dans la famille nucléaire en mettant face-à-face le soldat en plein exercice de ses fonctions, dans le barrage au front de la zone rouge qui protège les ministères, devant son épouse et ses enfants. Qu’est-ce à dire sinon de la prise d’otages pour arriver à ses fins ? Et qui prend des otages sinon les pirates et les terroristes ?
Bref, après avoir échoué à briser l’opinion légaliste et loyaliste, et devant la détermination des forces armées à se référer à la légalité, on tente de briser les ménages des soldats. Il est vrai que dans des foyers, il se peut que les avis divergent au point que les époux se tournent le dos la nuit mais ils couchent dans le même lit et sous le même toit malgré cela. Aussi utiliser ce jour les femmes et enfants de soldats comme bouclier humain est-il inimaginable. C’est du terrorisme, de la barbarie ; c’est la dictature de Saddam Hussein et non la démocratie.