Commencer à y penser
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C'est parti ! Les deux directeurs du Festival d'Avignon, Hortense Archambault et Vincent Baudriller, ont dévoilé, dans la Cité des papes, le programme de l'édition 2009, qui se tiendra du 7 au 29 juillet. Concocté avec l'auteur-metteur en scène libano-québécois (et vivant en grande partie en France) Wajdi Mouawad, ce Festival, 63e du nom, se veut résolument traversé par les bouleversements du monde actuel, de l'élection de Barack Obama à la crise financière et ses conséquences sociales, des conflits au Moyen-Orient aux émeutes en Grèce ou à Madagascar. Mais il est aussi complètement pénétré par la relation entre théâtre et cinéma.
Ce sera l'événement du début de cet Avignon 2009 : la création, par le cinéaste israélien Amos Gitaï, dans la mythique Carrière de Boulbon, de La Guerre des fils de la lumière contre les fils des ténèbres. Un spectacle qui mêlera théâtre, musique et cinéma, et que Gitai imagine à partir de La Guerre des Juifs, de Flavius Josèphe, dont la voix devrait être portée par Jeanne Moreau. L'historien juif (37-100 apr. J.-C.), devenu citoyen romain, y raconte, aux alentours de l'an 75, le dernier soulèvement de la Judée et la prise de Jérusalem par Titus, en 70, auquel il assista lui-même. Retour aux sources.
Wajdi Mouawad, 40 ans, a connu les brûlures de l'exil. Chez lui, les tragédies moyen-orientales contemporaines ne cessent de faire écho à la tragédie grecque, de rencontrer "la voix des siècles anciens". Ce sera le premier axe majeur de ce Festival, qui embrasse l'espace méditerranéen et son histoire.
L'ouverture d'Avignon a ainsi été confiée, surprise, au cinéaste israélien Amos Gitaï, qui présentera à la Carrière de Boulbon une création inspirée par La Guerre des Juifs, de l'auteur judéo-romain Flavius Josèphe. L'artiste associé fera, lui, comme c'est la tradition, l'ouverture de la célèbre Cour d'honneur du Palais des papes avec ses trois grandes pièces : Littoral, Incendies et Forêts, montées en intégrale dans la nuit d'Avignon. Wajdi Mouawad présentera ensuite une création à Châteaublanc, Ciels.
Les anciens Grecs lui succéderont dans la Cour, où le metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski va proposer, avec (A)pollonia, un spectacle où se croiseront Euripide, Eschyle et Hanna Krall, auteur polonaise contemporaine. Tragédie grecque, encore, avec Joël Jouanneau, un des rares artistes français de cette édition (avec un autre vétéran, Claude Régy, qui fera entendre l'Ode maritime de Fernando Pessoa) : le metteur en scène nous placera Sous l'oeil d'Œdipe, avec Sophocle et Euripide.
Le Moyen-Orient le plus contemporain sera là aussi, avec les deux couples d'artistes libanais Lina Saneh et Rabih Mroué, qui montreront leur Photo-romance, et Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, qui seront présents avec une installation vidéo. Enfin, le Suisse Stefan Kaegi, parti au Caire créer un de ses spectacles inclassables : Radio Muezzin.
HÉRITAGE DE L'HISTOIRE
L'autre axe important de ce Festival tournera autour de ces régions du monde qui ne sont pas la France, mais parlent sa langue, en héritage de l'histoire. A commencer par le Québec, bien sûr, d'où viendront trois créations : Une fête pour Boris, de Thomas Bernhard, mis en scène par Denis Marleau, Un peu de tendresse, bordel de merde !, du chorégraphe Dave Saint-Pierre, et CHS, par l'auteur et metteur en scène Christian Lapointe. Ou l'Afrique, avec le Congolais Dieudonné Niangouna et ses Inepties volantes, et le Malgache Jean-Luc Raharimanana, dont Thierry Bedard met en scène Les Cauchemars du gecko.
L'édition 2009 sera faite aussi par des habitués d'Avignon : Les Flamands Jan Fabre (avec L'Orgie de la tolérance), Jan Lauwers (avec une trilogie composée de La Chambre d'Isabella, du Bazar du homard et d'une création, La Maison des cerfs) et Johan Simons (dans la Cour avec Casimir et Caroline, d'Odön von Horvath). L'Italien Pippo Delbono, avec La Menzogna ("Le Mensonge").
Le Suisse Christoph Marthaler, artiste associé 2010 en compagnie de l'écrivain Olivier Cadiot, présentera Riesen Butzbach, eine Dauerkolonie ("Butzbach-le-Gros, une colonie durable"). Côté danse, Maguy Marin, Rachid Ouramdane et Israel Galvan. Côté surprise, le cinéaste Christophe Honoré, qui met en scène Victor Hugo et son Angelo, tyran de Padoue.

