Val poussé par Hess ? Possible possible

Publié le par Balmoral

Val, de mauvaise grâce

Radio. L’arrivée possible du patron de «Charlie» à Inter irrite.


R.G. et I.R.

«C’est une probabilité… C’est une possibilité…» Voici la réponse de Philippe Val à Libération quand on lui demande s’il va devenir le nouveau directeur de France Inter. L’encore patron de Charlie Hebdo ajoute : «Jean-Luc [Hees, ndlr] n’est pas encore nommé, tout ce qu’on peut dire d’ici là, c’est la foire du Trône. Nous avons des discussions privées, Jean-Luc est un ami intime. Attendons de voir. Je ne peux rien dire de plus parce que je n’en sais pas plus.»

Le site du Nouvel Obs, qui semble plus informé, a annoncé que Nicolas Sarkozy a «choisi celui qui dirigera bientôt l’antenne de France Inter : ce sera Philippe Val». Ainsi Sarkozy ne se contente pas de nommer le président de Radio France, mais il déciderait en plus de l’organigramme, tâche dévolue au patron de la Maison ronde… Voilà qu’il aurait jeté son dévolu sur le patron de Charlie Hebdo, pas vraiment réputé pour être la gazette de l’UMP. Encore le vieux coup de l’ouverture. Mais Val et Sarkozy sont-ils si éloignés? Cet été, Val a viré le dessinateur Siné, auteur d’une chronique s’attaquant au fils de Sarkozy.

Grincement. La question de la nomination de Val ne devrait pas manquer d’être abordée mardi prochain au CSA où Jean-Luc Hees sera auditionné. C’est la suite de la nouvelle procédure de nomination des présidents de l’audiovisuel public inaugurée jeudi : audition par les membres du CSA tous désignés par la droite. Puis Hees devra passer par les fourches pas très caudines des commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat. Et on voit à quel point Sarkozy n’a pas de doute sur l’issue du va-et-vient, puisqu’en sus de Val, le nom du futur directeur général a fuité : Patrice Collard, de la Dépêche du Midi .

A France Inter, l’éventuelle arrivée de Val fait sérieusement grincer. «Il n’a aucune expérience pour diriger une radio», râle un journaliste. «C’est un néo-réac», balance un autre. «Val est clivant, explique un cadre. Il est anticorrida, antichasse : il est un peu binaire.» Un reporter pondère: «Il ne faut pas faire de procès d’intention, on jugera sur pièces».

Le possible parachutage est d’autant moins bien pris que le bilan de l’actuel directeur de France Inter, Frédéric Schlesinger est plutôt bon, du moins sur le plan des audiences. «Val, c’est le casting parfait, analyse un producteur. Etiqueté à gauche et ami des Sarkozy.» Une journaliste anticipe, amère : «C’est parfait : un patron marqué à gauche est le mieux placé pour virer Stéphane Guillon.»

Annonce. Ce même Guillon dont la chronique sur Dominique Strauss-Kahn avait tant déplu à Sarkozy. D’ailleurs, intervient Lionel Thompson du SNJ-CGT, «ce qui étonne, c’est qu’on a l’impression que c’est annoncé depuis l’Elysée. Nous nous étions prononcés contre la nomination du président de Radio France par Nicolas Sarkozy, alors si maintenant il nomme carrément les directeurs de chaînes…» Le film de Val sur l’affaire des caricatures s’intitulait C’est dur d’être aimé par des cons. Pas facile d’être aimé par le président de la République non plus.

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Publié dans revue de presse

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