Connards de corses
à Bastia
05/04/2009 | Mise à jour : 10:15 | Commentaires

Des manifestants ont jeté des pierres et des cocktails molotov en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes.
Une dizaine de CRS ont été blessés, dont deux sérieusement, à la fin d'une manifestation d'indépendantistes dirigée contre les «violences policières». Michèle Alliot-Marie est attendue dimanche sur place.
Au moins trois membres des forces de l'ordre ont été blessés grièvement samedi à Bastia à la fin d'une manifestation qui a rassemblé de 1.500 à 15.000 personnes et a dégénéré en violents affrontements. Au total, une dizaine de membres des forces de l'ordre ont reçu des soins à l'hôpital de Bastia, selon le ministère de l'Intérieur. Deux policiers des compagnies républicaines de sécurité (CRS), plus sérieusement touchés, sont encore hospitalisés», ajoute le communiqué de la place Beauvau. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie est attendue sur place dans la journée.
Samedi, la place du marché a été le théâtre de violents affrontements, des manifestants utilisant les montants de fer des stands comme projectiles contre les forces de l'ordre. Ils ont également mis le feu à l'ancienne mairie de la ville qui abrite les services de l'Etat civil.Vers 21h30, le calme était revenu. Aucun blessé et aucune interpellation n'ont été signalés parmi les manifestants.
La manifestation était organisée à l'appel du pôle indépendantiste Corsica Libera pour dénoncer les «violences policières» survenues lundi lors d'une manifestation contre le verdict prononcé contre Yvan Colonna, au cours de laquelle un collégien avait été blessé grièvement au visage. Gilles Leclair, coordinateur des services de sécurité intérieure en Corse, a dénoncé samedi une «guérilla urbaine» et une «campagne de désinformation des nationalistes» sur les conditions de la blessure du collégien. «On a monté la tête à certains jeunes alors qu'on n'a aucune certitude sur les circonstances dans lesquelles le collégien a été blessé», a-t-il dit. Selon l'avocat du collégien, Jean-Guy Talamoni, également dirigeant de Corsica Libera, le jeune homme a été blessé par un tir tendu de grenade lacrymogène à faible distance et non par le tir d'une fusée marine de détresse comme l'affirment les autorités. Le collégien est toujours hospitalisé à Bastia mais il est sorti du coma et son état de santé s'est amélioré, selon son avocat.
La manifestation, composée de nombreux jeunes et précédée d'une voiture portant un drapeau à tête de Maure, l'emblème de la Corse, avait démarré samedi vers 17 heures depuis le palais de Justice en direction de la préfecture, aux cris de «Yvan», «Liberté» ou «Assassins» et au rythme de chants corses. Les incidents ont éclaté lors de la dispersion du cortège aux abords de la préfecture dont l'accès était barré par un cordon de CRS. Des manifestants ont jeté des pierres et des cocktails molotov en direction des forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Les échauffourées se sont propagées rapidement autour de la mairie et sur la place Saint-Nicolas, envahie par la fumée bleue des gaz lacrymogènes.
Des panneaux de circulation ont été arrachés, des poubelles ont été incendiées et une agence de la banque Crédit Agricole a été saccagée. Un fourgon de police a également été endommagé par l'emploi d'un marron de terre, un explosif utilisé notamment pour déterrer les souches d'arbres, selon les forces de l'ordre. Le bâtiment de La Poste a été couvert de «tags» par des manifestants. «Erignac=salope», «les Français dans les fours», «Vive la violence politique, signé FLNC», pouvait-on lire notamment sur les murs de l'édifice.