Etonnant Obama
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| ÉTATS-UNIS • Le pari nucléaire d'Obama | |||||||||
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| Malgré le lancement du missile nord-coréen, le président américain a réaffirmé sa volonté de réduire son arsenal nucléaire, soulignant que son pays devait servir d'exemple au reste du monde. | |||||||||
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"Par un curieux détour de l'Histoire, la menace de guerre nucléaire mondiale a diminué, mais le risque d'attaque nucléaire s'est accru", a rappelé Barack Obama. "Davantage de pays ont acquis ces armes, les essais se poursuivent. Le trafic de secrets et de matériaux nucléaires va bon train. La technologie permettant de fabriquer une bombe s'est répandue." Et pourtant, trop peu de moyens ont été consacrés à une stratégie visant à neutraliser des groupes comme Al-Qaida, qui, a-t-il déclaré, "sont prêts à acheter, à construire ou à voler" une bombe. Certes, une volonté de changement transparaissait dans les propos d'Obama : il n'a pas évoqué la "doctrine préventive" chère à son prédécesseur, pas plus qu'il n'a dit qu'il ne "tolérerait" pas que des Etats comme la Corée du Nord ou l'Iran acquièrent l'arme nucléaire. Mais il a soigneusement évité de dire comment il comptait aborder les cas les plus délicats, ceux qui, d'après ses conseillers, pourraient être à l'origine des plus graves crises – l'économie mise à part – au cours de son mandat. Pour contrer la menace nord-coréenne après le lancement du missile, il a aussitôt appelé à réunir le Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer les sanctions – même si les sanctions décidées après une provocation bien plus inquiétante de la Corée du Nord, son essai nucléaire d'octobre 2006, n'ont guère eu d'effets. Il a parlé d'obliger l'Iran à choisir entre l'enrichissement de l'uranium et un "isolement" encore accru, un langage que Bush avait déjà tenu, en vain. Craignant apparemment de surcharger un gouvernement pakistanais qui a déjà du mal à gérer troubles politiques et attentats quotidiens, il n'a évoqué qu'indirectement une réalité qui suscite les plus grandes craintes à la Maison-Blanche : Al-Qaida et d'autres organisations terroristes considèrent l'arsenal du Pakistan (entre 60 et 100 armes nucléaires) comme leur saint Graal et espèrent que le chaos qu'elles sèment leur permettra d'y accéder. La stratégie définie par Obama, le 5 avril, est dans le droit-fil des objectifs qu'il avait énoncés pendant sa campagne présidentielle, au cours de laquelle il avait à maintes reprises parlé de ramener à zéro les arsenaux des Etats-Unis. Il reprenait ainsi à son compte la proposition de quatre vétérans de la guerre froide : les anciens ministres des Affaires étrangères Henry Kissinger et George Schultz, l'ancien ministre de la Défense Wiliam Perry et l'ancien sénateur Sam Nunn. "Il a été séduit par cette idée", expliquait récemment Sam Nunn, "parce qu'il est conscient de l'hypocrisie qu'il y a à convaincre les autres pays de renoncer à leurs aspirations nucléaires tout en étant assis sur un arsenal que personne n'imaginerait d'utiliser." Bush avait refusé de mener une telle politique. Aux yeux de l'ancien président et de ses conseillers, la seule évocation de l'élimination des armes nucléaires paraissait naïve. Ils avaient certes obtenu d'importantes réductions des armements dans le cadre du traité de Moscou, signé au Kremlin en 2002. Mais, lors d'interviews données l'année dernière, les principaux conseillers de Bush avaient déclaré qu'il ne leur paraissait pas envisageable de descendre en dessous de 1 200 ou 1 500 – soit à peu près le seuil prévu par Obama alors qu'il s'apprête à renouveler le traité de réductions des armes stratégiques (START) avec la Russie. "Au-dessous de ce seuil, on encourage d'autres pays, y compris l'Iran ou la Chine, à essayer de nous égaler", a prévenu Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale de Bush, peu avant l'entrée en fonctions d'Obama. On risque d'entendre de nouveau ce genre d'arguments si le président cherche à obtenir une nouvelle série de réductions – dans l'hypothèse où les négociations START reprendraient cette année – en vue de ramener les arsenaux américain et russe au-dessous du millier d'armes. "Ce sera très dur", avoue un haut responsable, notamment parce que les Russes craignent que, à de tels niveaux, ils ne s'exposent à une frappe préventive. | |||||||||
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