Que penser ?
La « realpolitik » du Vatican à la Conférence sur le racisme de Genève
En participant à la conférence de Genève, à quelques jours du voyage de Benoît XVI en Terre sainte, le Saint-Siège veut montrer sa volonté d’équilibre à l’égard des différents intérêts présents au Proche-Orient
Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève, est resté à sa place, lundi 20 avril, tandis que les représentants des États européens quittaient la salle où le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qualifiait Israël de « gouvernement raciste ».
Déjà, dimanche 19 avril, la diplomatie vaticane avait préconisé à Benoît XVI des propos positifs sur la conférence de Genève, le pape qualifiant alors d’« initiative importante » une rencontre pourtant annoncée comme problématique.
L’ébauche de la déclaration finale reste un texte satisfaisant
Dès lundi soir, le P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, déclarait que le chef de l’État iranien avait eu « des expressions extrémistes et inacceptables » et que des interventions comme celle-là « ne vont pas dans le bon sens ». En même temps, a-t-il poursuivi, « cette conférence est une occasion importante pour faire avancer la lutte contre le racisme et l’intolérance. Le Saint-Siège y participe avec ce souhait. »
Aux yeux de l’Église catholique, l’ébauche de la déclaration finale reste un texte satisfaisant : « Les principaux éléments qui suscitaient des objections ont été retirés », notait le P. Lombardi. Mais dans un communiqué publié mardi 21 avril, le Saint-Siège déplorait à nouveau l’utilisation de ce forum pour « assumer des positions politiques extrémistes et offensives contre quelque État qui soit ».
Rome prend le risque de cautionner un texte vidé de son sens
Il reste qu’en soutenant ainsi la déclaration finale de Genève, Rome prend le risque de cautionner un texte vidé de son sens après les déclarations entendues, même du point de vue des intérêts chrétiens. Ainsi, dans son introduction, le secrétaire général de l’ONU, sans doute pour ne pas heurter certains États, n’a pas dénoncé les exactions, pourtant nombreuses, contre les chrétiens, alors qu’il en est question dans les documents écrits.
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| Isabelle de GAULMYN, à ROME |
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