Le lendemain

Publié le par Balmoral

Moins historique qu’espéré


FRANÇOIS WENZ-DUMAS

Union syndicale le 1er Mai à Paris.

Union syndicale le 1er Mai à Paris. (REUTERS)


 

 

Un grand cru pour un 1er Mai. Mais une mobilisation inférieure à celle du 19 mars. Il y avait vendredi pas loin d’un million de personnes dans les rues (465 000 selon la police, 1,2 million pour la CGT). C’est beaucoup plus qu’un 1er mai ordinaire : l’an dernier, dans les cortèges, on totalisait entre 120 000 et 200 000 manifestants. Mais on est loin des records «historiques» espérés par les dirigeants syndicaux, à commencer par le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, dans les colonnes de Libération de jeudi.

Traîner les pieds. En six semaines, la mobilisation est nettement en baisse, puisque les syndicats avaient rassemblé plus de deux millions de salariés (1,2 million pour la police, 3 millions selon la CGT) le 19 mars. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette moindre affluence. Le calendrier d’abord. Tombant un vendredi, la fête du Travail autorisait cette année un long week-end que nombre de salariés ont mis à profit pour oublier la crise à la campagne ou sur la plage.

Il y a ensuite la spécificité du 1er Mai. Pour la première fois, les huit centrales syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Solidaires et FSU) étaient rassemblées pour cette manifestation. Mais si la CGT a fait le plein de ses troupes, les militants de FO, de la CFTC ou de la CGC, pour qui c’était une première, ont un peu traîné les pieds. FO a même carrément boycotté les cortèges à Nantes, Le Mans et Rennes.

Dernier handicap : l’utilité d’une troisième journée d’action n’était pas évidente. Le 29 janvier avait déclenché le sommet social du 18 février, où Nicolas Sarkozy avait annoncé quelques mesures comme la création d’un fonds d’investissement social (Fiso) doté de 2 à 3 milliards d’euros. Le 19 mars précédait le G20 de Londres. Cette fois le débouché paraissait incertain.

Aussi les discussions seront-elles serrées lundi, lors de la réunion où l’intersyndicale doit fixer les prochains rendez-vous. «Il faudra répondre à trois questions. Quelles revendications ? Quand ? Et selon quelles modalités ?» résume Marcel Grignard, de la CFDT.

Risque. Solidaires et FO prônent une journée de grève générale et de manifestations en semaine, en mai ou en juin. La FSU n’est pas contre, mais propose aussi une grande manifestation nationale un week-end. Les cinq autres ne veulent pas de la grève générale, et pourraient donc reprendre cette idée d’une manifestation unique un week-end. Personne en tout cas ne veut prendre le risque de voir une nouvelle journée d’action sur le modèle des trois précédentes mobiliser moins que ce 1er mai 2009.

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Publié dans revue de presse

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