Nous sommes mal barrées
Le double choc de la faillite de Lehman Brothers et du rachat de Merril Lynch par Bank of America aux Etats-Unis a fait chuter lundi les bourses asiatiques et européennes, suscitant notamment l'intervention de la Banque centrale européenne qui a rapidement injecté des liquidités pour tenter de calmer les marchés.
A Londres, le FTSE-100 a terminé en recul de 3,92%, à Paris, le CAC-40 a perdu 3,78% et à Francfort le DAX a terminé à -2,74%. A New York, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles était en baisse dans la matinée de 300 points, soit 2,6%, une chute toutefois moins vertigineuse que ne le craignaient les analystes.
En Asie, les principales places financières de Tokyo, Hong Kong et Séoul étaient fermées en raison d'un jour férié, mais tous les marchés ouverts ont chuté: -5,4% pour le Sensex en Inde, -4,1% à Taïwan, et -2,9% à Singapour. En Australie, le principal indice a cédé 2%.
En Europe, les valeurs financières et les assurances ont essuyé les plus fortes pertes, comme les assurances françaises AXA, la banque allemande Commerzbank et la banque suisse UBS. En Grande-Bretagne, Barclays, qui avait renoncé à racheter Lehman Brothers, a également chuté comme Halifax-Bank of Scotland (HBOS).
Les banques centrales sont rapidement intervenues pour tenter d'éviter une spirale infernale sur les marchés financiers. La Banque centrale européenne a ainsi injecté 30 milliards d'euros sur le marché monétaire de la zone euro. La BCE a dit avoir reçu 51 demandes de prêts pour un montant total de 90,3 milliards d'euros lors d'une opération de refinancement rapide, signe clair que la demande de liquidités est très forte.
La Banque d'Angleterre a fait la même chose avec cinq milliards de livres sterling (6,4 milliards d'euros) lors d'une opération sur trois jours. Mais les demandes étaient cinq fois supérieures, atteignant 24,1 milliards de livres (30,4 milliards d'euros).
En France, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a assuré que "les répercussions devraient être limitées pour les banques françaises". Dans un communiqué, Bercy a précisé que la Commission bancaire avait nommé dans la journée un administrateur provisoire à la Banque Lehman Brothers, filiale française de Lehman Brothers International et l'entreprise d'investissement succursale en France de Lehman Brothers International (Europe). "Les engagements des établissements de crédit français sur le groupe Lehman Brothers demeurent limités", a constaté le ministère de l'Economie, assurant que "les autorités françaises restent très vigilantes".
Lehman Brothers, institution vieille de 158 ans, a sollicité lundi la protection du chapitre 17 de la loi sur les faillites, plombée par quelque 60 milliards de dollars (41,7 milliards d'euros) d'avoirs immobiliers dans un secteur en crise. La première maison de courtage du monde, Merrill Lynch a elle été sauvée de la faillite par la première banque américaine en termes de dépôts, Bank of America, qui a accepté de la racheter pour environ 50 milliards de dollars (34,6 milliards d'euros). AP