Le retour à la normale
Krach historique des bourses : le G7 cherche un front commun
Paniqués, les marchés financiers ont poursuivi leur chute vertigineuse vendredi 10 octobre, au terme d'une semaine noire, s'enfonçant davantage dans un krach historique et accroissant la pression sur les grands argentiers du G7 réunis à Washington pour trouver un front commun
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De Tokyo à New York, en passant par Paris, les opérateurs ont observé vendredi, impuissants, la peur et l'irrationnel s'emparer des marchés, affolés par l'absence de perspectives.
La déroute des marchés a accru encore la pression sur la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), qui a débuté à Washington.
La rencontre doit déboucher sur la publication d'un communiqué commun attendu aux alentours de 1 heure du matin et qui sera guetté par la planète entière. Le G7 étudierait une déclaration de principes et de moyens communs pour sauver les banques et éviter la faillite des plus importantes, selon une source européenne.
Parallèlement, les pays européens semblent enfin prêts à travailler en commun. Un sommet de crise des dirigeants de la zone euro a été convoqué dimanche 12 octobre à Paris afin de "définir un plan d'action conjoint de la zone euro et de la Banque centrale européenne face à la crise financière".
-22,16% depuis lundi
Les investisseurs ont fait peu de cas des propos rassurants du président George W. Bush, qui a promis vendredi 10 octobre que les Etats-Unis allaient "résoudre la crise", sans toutefois présenter de nouveau remède.
Dans le sillage de Wall Street et Tokyo, les Bourses européennes ont clôturé en très forte baisse, Londres chutant de 8,85% et Francfort de 7,01%. Paris a perdu 7,73%, achevant la pire semaine de son histoire (-22,16% depuis lundi).
Les autres marchés européens -de Madrid à Amsterdam et de Lisbonne à Athènes- ont subi des pertes semblables, tandis qu'à Moscou, les autorités ont préféré ne pas ouvrir les deux marchés, le RTS et le Micex.
1929 et 1987...
Les grandes Bourses affichent des reculs dignes de la définition informelle du krach -une baisse des cours de plus de 20% en quelques jours- qui justifient les comparaisons avec les crises de 1929 et 1987.
"C'est la panique, tout devient absurde, les gens vendent même les vaches sacrées" (valeurs refuges), a témoigné le directeur des ventes de la salle des marchés "Global Equities" à Paris, Xavier de Villepion.
Cauchemar général en Asie également. En clôture, Tokyo a subi une nouvelle chute historique de 9,62%, Hong Kong a perdu 7,2%, Sydney et Manille 8,3%, Singapour 7,34% et Bangkok 9,61%.
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"C'est un bain de sang"
Depuis le début de l'année, les principales bourses américaines, européennes et japonaises ont perdu près de la moitié de leur valeur.
L'effervescence boursière tranche avec la paralysie du marché interbancaire, qui manque toujours désespérément de liquidités. Echaudées par les déboires de grands établissements financiers, les banques continuent en effet d'ignorer les injections massives de liquidités par les Banques centrales.
Pour tenter au moins d'endiguer les mouvements spéculatifs qui attisent l'instabilité des marchés, l'autorité boursière italienne (Consob) a pris une mesure radicale en interdisant les ventes à découvert sur les actions (spéculation à la baisse) jusqu'à fin octobre. Le Danemark a voté une loi interdisant également ces ventes de façon provisoire.
Zizanie et initiatives en ordre dispersé
"Nous sommes en train de travailler sur quelque chose", sur "la possibilité d'avoir un plan européen" d'action, a déclaré un haut responsable européen, en soulignant qu'il devrait s'inspirer du plan de sauvetage présenté par Londres.
Les autorités allemandes, qui rejetaient jusqu'à présent tout plan de sauvetage global des banques, ont assoupli leur position vendredi soir, ouvrant la porte à une action concertée européenne. "Il faut arrêter avec les solutions au cas par cas", a déclaré le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé à suivre l'exemple du Royaume-Uni dans son plan "révolutionnaire" visant à secourir le système bancaire par le biais de nationalisations partielles.
Divergences
La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a d'ailleurs estimé qu'il ne fallait pas s'attendre à ce que le G7 débouche sur "une réponse harmonisée" qui serait "la même pour tout le monde".
Outre le G7 financier et un possible G8, Washington accueillera à partir de samedi 10 octobre des réunions du G20, rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents, et les réunions d'automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Menace de contagion à "l'économie réelle"
Selon des analystes parisiens, la paralysie du marché interbancaire pourrait aussi provoquer des faillites d'entreprises en chaîne.
Autre indicateur des craintes de récession, les cours de l'or noir chutent. Moins de croissance économique signifie moins de demande pour le brut. Le pétrole est passé sous 80 dollars à Londres et à New York, loin de ses records historiques du 11 juillet à plus de 147 dollars.
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| AFP |
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