Le fouet du jour

Publié le par Balmoral

Lundi 13 Octobre 2008
McCain: La gaffe de trop?
Par Marie DESNOS
leJDD.fr
>> En retard dans les sondages, taxé d'incitation à la haine envers son rival démocrate, le républicain John McCain pourrait bien avoir commis la bourde de trop, à trois jours du dernier débat qui les verra s'affronter avant le scrutin du 4 novembre. Il a en effet dit vouloir "fouetter le vous-savez-quoi" de Barack Obama. Une référence (inconsciente?) à l'esclavage dont se seraient bien passés les Américains.

Un manque de tact qui pourrait enterrer définitivement John McCain. Dimanche, alors que le candidat républicain était en Virginie pour tenter de convaincre les derniers indécis de voter pour lui -bien que cet Etat du Sud-est (13 grands électeurs) n'ait pas voté démocrate depuis 1964, les récents sondages y ont montré une progression d'Obama- il a déclaré: "Une fois que j'aurais fouetté son vous-savez-quoi lors du prochain débat, nous (son équipe et lui-même, ndlr) serons sur le pont 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7".

Intéressant pour le côté disponible et pragmatique, mais zéro pour la référence au fouet, qui symbolise dans l'imaginaire américain l'esclavage, un sujet encore très sensible aux Etats-Unis. Une référence au fouet qui, qui plus est, tombe très mal, John McCain étant accusé par ses détracteurs -sous l'impulsion de John Lewis, parlementaire démocrate et figure de la lutte pour les droits civiques dans les années 1960- d'inciter à la haine, y compris raciale, envers son rival démocrate. Le sénateur de l'Arizona est de manière générale accusé d'agressivité à l'égard de Barack Obama, ce qui n'a pas été pour le servir à en croire les récents sondages.

Obama devance McCain de 10 points

Selon une étude du Washington Post-ABC News publiée lundi, le sénateur de l'Illinois devance en effet John McCain de dix point (avec 53% des intentions de vote contre 43%). Une avance unanime, mais toutefois moins flagrante dans d'autres sondages. Une enquête d'opinion Reuters/C-Span/Zogby également publiée lundi fait notamment état d'un écart de quatre points entre les deux candidats, à 48% des intentions de vote pour Obama contre 44% pour McCain. La veille, Gallup évoquait 50% contre 43%, toujours en faveur du candidat métis, et le quotidien Rasmussen Reports 51% contre 45%.

Les analystes attribuent en outre le retard de John McCain à ses lacunes économiques. Généralement considéré comme moins à l'aise que son concurrent sur cette question, la crise financière ne l'a pas aidé. L'économie est en effet, et de loin, devenue la première préoccupation des Américains. Mais le héros de la guerre du Vietnam veut prouver qu'il sait parler d'autre chose que de politique étrangère, et, surtout, qu'il est en mesure de gérer cette période de troubles. McCain serait sur le point de présenter un nouveau plan économique visant à y faire face. Il comprendrait une trentaine de propositions, dont la plus importante consisterait à réduire les impôts sur les plus-values et les dividendes. "Ce sera une approche très globale visant à relancer l'économie en facilitant l'accès aux capitaux par l'abaissement des taxes", a expliqué Lindsey Graham, sénateur de Caroline du Sud et conseiller du sénateur, à la chaîne CBS.

De son côté, Barack Obama, s'est rendu dimanche à Holland, dans l'Ohio, pour y faire du porte-à-porte. Il cherchait ainsi à convaincre les derniers indécis de ce "Swing State" à le soutenir, et les a exhorté à aller voter le plus tôt possible, via la procédure de vote anticipé mise en place dans cet Etat. L'Ohio, qui compte vingt grands électeurs, est un état clé pour l'élection du 4 novembre. Et le sénateur de l'Illinois ne compte pas répéter le scénario de 2004. C'est en effet cet Etat qui avait fait pencher la balance en faveur de George Bush face à John Kerry, pour 120 000 voix seulement. Pour l'heure, Obama et McCain y sont au coude à coude, avec toutefois une légère avance pour le premier. A deux jours du troisième et dernier débat de la campagne qui opposera les deux candidats à l'Université Hofstra de Hempstead (New York), le démocrate confirme sa place de favori pour l'élection du 4 novembre.
Publicité

Publié dans revue de presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article