Dati la tête à claques, boycottée

Publié le par Balmoral

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La rupture semble bel et bien consommée entre Rachida Dati et les magistrats. Venue à Metz, lundi 20 octobre, évoquer les récents suicides de détenus mineurs dans l'est de la France, la garde des sceaux a trouvé porte close auprès de magistrats qui ont boycotté la rencontre.

La ministre n'a finalement rencontré que les chefs de cours, de juridiction et du parquet général. Les magistrats qui n'avaient été prévenus qu'à 11 h 30 de la visite ont refusé de rencontrer Mme Dati. "Ça s'appelle un boycott", a expliqué Clarisse Taron, déléguée du Syndicat de la magistrature. "Ce boycott est le symbole de la frustration actuelle de la magistrature et du mépris dans lequel elle est tenue", a ajouté Benoît Devignot, délégué régional de l'Union syndicale de la magistrature.

Rachida Dati est arrivée vers 15 heures à la cité judiciaire de Metz, où elle a été accueillie par quelque soixante-dix magistrats et avocats qui brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Justice bafouée, démocratie en danger." Jeudi, quelque 150 magistrats et avocats selon la police, 200 d'après les organisateurs, avaient déjà manifesté à Metz pour dénoncer les "pressions" de Mme Dati sur le parquet de Sarreguemines (Moselle), lors du suicide d'un détenu mineur à la prison de Metz-Queuleu.

LE "MÉPRIS" DE LA MINISTRE

Ironie du sort, au même moment, à Paris, ce sont les gardiens de prison qui ont dénoncé le "mépris" de la ministre, pointant cette fois l'absence de Mme Dati à une réunion organisée sur l'état des prisons françaises. L'UFAP, FO et la CGT ont été reçus lundi matin par le directeur de cabinet de Mme Dati. "Nous avons ressenti comme un mépris l'absence de la ministre", a confié Céline Verzeletti, de la CGT.

Le ministère a proposé "la constitution de groupes de travail sur des thèmes choisis par les syndicats", a indiqué le porte-parole de la garde des sceaux, Guillaume Didier. Mis en place dès la mi-novembre, ces groupes porteraient notamment sur les conditions de travail, dont les syndicats dénoncent la dégradation, ainsi que sur la gestion de la détention avec les problèmes liés à la surpopulation, à la violence et aux suicides. Le ministère a proposé en outre un audit de chaque établissement pénitentiaire et la création d'un "bureau d'action sociale" au sein de l'administration pénitentiaire, a souligné M. Didier, qui a parlé d'une "réunion très constructive".

Ce sentiment était loin d'être partagé par des syndicats "très mécontents que Rachida Dati ne soit pas là pour [les] recevoir alors que cela fait des semaines qu'(ils) demandent l'ouverture d'un dialogue. Elle montre que ce n'est pas une priorité, c'est forcément mal vécu", a expliqué Mme Verzeletti.

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Publié dans revue de presse

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