Dans la presse canadienne
C’est ce que disent des Canadiens, en anglais et en français, dans ce vidéo produit par la Commission canadienne du tourisme.
Un lunch avec Stephen Harper. Voilà, en gros, en quoi consistera la visite du président Obama demain à Ottawa.
De quoi discuteront-ils pendant le repas ? On peut se faire une idée en jetant un coup d’oeil à la liste des conseillers qui accompagneront Barack Obama dans ce voyage : le directeur du Conseil économique national Lawrence Summers, la conseillère pour la lutte contre le réchauffement climatique Carol Browner et le conseiller à la sécurité nationale James L. Jones (également ancien commandant des forces de l’Otan en Europe).
Il devrait donc être question de ces points :
1) Le sauvetage de l’économie américaine (ce qui passe par la sauvegarde des emplois dans le secteur manufacturier).
2) La lutte contre le réchauffement climatique.
3) La guerre en Afghanistan.
Le problème pour Stephen Harper (et les Canadiens) est que ces trois points vont à l’encontre des intérêts économiques immédiats du Canada. Voici :
1) En voulant protéger les emplois aux États-Unis, le Congrès, les États et les villes risquent de prendre des décisions qui s’apparenteront à du protectionnisme. Même si, en apparence, les États-Unis respecteront les règles de l’Aléna et de l’OMC, rien ne dit que les compagnies américaines ne seront pas favorisées dans les appels d’offre. La création d’emplois est une question vitale pour de nombreuses villes américaines, qui sont en quasi-faillite.
2) Obama aimerait lancer une Bourse du carbone en Amérique du Nord - ce qui aurait pour effet d’imposer des quotas d’émissions de gaz à effet de serre aux entreprises. C’est une bonne chose pour l’environnement mais les producteurs de pétrole de l’Alberta sont inquiets. L’extraction de pétrole des sables bitumineux est une opération très polluante (tellement que les environnementalistes parlent de « pétrole sale »). Et, dans un contexte de baisse des prix de l’or noir, les coûts associés aux nouvelles règles environnementales pourraient rendre les opérations des producteurs albertains non rentables.
3) Le Canada doit se retirer d’Afghanistan d’ici 2011. Obama a dit hier, lors de son interview avec la CBC, qu’il n’avait pas de demande précise concernant une prolongation de la mission canadienne. Mais il pourrait peut-être faire entendre au premier ministre qu’une aide supplémentaire faciliterait la recherche de solutions pour les points 1) et 2) …
Stephen Harper saura-t-il tenir tête à la nouvelle star mondiale de la politique ?