Toujours entre voisins

Publié le par Balmoral

OTTAWA - Le président américain Barack Obama est arrivé jeudi à Ottawa, la capitale canadienne où l'effervecence était grande, pour un premier déplacement à l'étranger où il devait être question de crise économique, d'Afghanistan et d'environnement.

Barack Obama et la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, à l'aéroport d'Ottawa , le 19 février 2009

AFP/Jim Watson

Barack Obama et la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, à l'aéroport d'Ottawa , le 19 février 2009

M. Obama, venu quasiment en voisin de Washington par un vol de moins d'une heure et demie, a été accueilli à sa descente d'avion par la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean. D'origine haïtienne, elle est la représentante de la reine Elizabeth, chef d'Etat en titre.

Le baptême international de M. Obama au Canada devait durer moins de sept heures. Mais la venue d'un président qui jouit d'environ 80% d'opinions favorables au Canada à la différence de son très impopulaire prédécesseur George W. Bush a provoqué une grande effervescence.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le parlement dans l'espoir d'entrevoir le visiteur de marque.

"Nous voulons participer à l'Histoire et nous voulons voir Obama", dit Sandra Skrypczinski venue de Toronto et arrivée à 04h30 du matin avec sa fille pour être sûre d'être aux premières loges. Comme elle, de nombreuses personnes étaient venues de loin pour l'occasion.

Dans une ville connaissant l'un de ses plus importants déploiements de sécurité de son histoire, le parlement était le seul endroit où les Canadiens pouvaient espérer voir autre chose de M. Obama que le passage de sa voiture blindée et du convoi qui l'accompagnait, sauf à rester devant leur télévision.

Alors que les temps sont difficiles et que le premier mois de M. Obama au pouvoir a été presque entièrement occupé à combattre la crise, lui et son administration ont voulu donner l'impression qu'avec le grand partenaire canadien aussi, ils entendaient se mettre directement au travail, avec l'espoir de développer des "synergies" contre le marasme.

Après l'aéroport, M. Obama devait se rendre au parlement pour des entretiens et un déjeuner de travail avec le Premier ministre Stephen Harper.

Le Canada, premier partenaire commercial des Etats-Unis qui absorbent les trois quarts de ses exportations, espère être rassuré sur la volonté de M. Obama de lutter contre la tentation protectionniste en période de crise.

Malgré certains signaux qui ont alarmé les Canadiens, M. Obama s'est employé, avant même son voyage, à les rassurer.

Environnement, énergie et Afghanistan doivent aussi figurer au menu de la visite.

Ottawa souhaite coopérer avec la nouvelle administration dans le domaine de l'environnement, de l'énergie et de la lutte contre le réchauffement climatique. Aucun accord dans ce domaine n'est attendu, mais selon le quotidien The Globe and Mail, les deux leaders pourraient décider de former des groupes de travail exploratoires.

Plusieurs groupes écologistes ont appelé M. Obama à dire non au "pétrole sale" des sables bitumineux de l'ouest canadien dont l'exploitation est très polluante et qui représente une part importante des approvisionnements américains.

Sur l'Afghanistan, M. Obama a indiqué qu'il ne pousserait pas, au cours de cette visite, le Canada à revenir sur sa décision de rapatrier en 2011 ses quelque 2.700 militaires déployés dans le pays. Il a dit qu'il solliciterait le soutien canadien à la "stratégie d'ensemble" qu'il est en train d'élaborer pour l'Afghanistan et qui passe aussi par l'aide au développement.

Avant de regagner Washington, M. Obama s'entretiendra à l'aéroport avec Michael Ignatieff, chef du principal parti d'opposition.

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Publié dans revue de presse

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